Pleyel et Chopin

PLEYEL ET CHOPIN /

Une histoire d'hommes et de musique

FRÉDÉRIC CHOPIN NE JOUAIT

ET NE COMPOSAIT QUE SUR PIANOS PLEYEL :

LA MARQUE DE PIANOS DE PRÉDILECTION DE CHOPIN

NE POUVAIT QUE PARTICIPER ET SOUTENIR UN TEL HOMMAGE

À SON ARTISTE LE PLUS EMBLÉMATIQUE.

« Quand je me sens en verve et assez fort pour trouver

mon propre son à moi, il me faut un piano de Pleyel. »

FRÉDÉRIC CHOPIN

 

 

L'histoire de Chopin et des Pianos Pleyel dépasse de beaucoup

la simple relation entre un facteur de pianos et un interprète.

 

Certes, lors de son arrivée à Paris, c'est grâce à Camille Pleyel auquel il est présenté par Kalkbrenner que Chopin peut se faire réellement connaître. C'est dans les salons de Pleyel qu'il donne son premier concert parisien le dimanche 26 février 1832. Certes, Pleyel édite plusieurs de ses oeuvres. Certes, Pleyel met à sa disposition des pianos aussi bien pour son domicile parisien que pour la maison de George Sand à Nohant où il passera sept longs étés de 1839 à 1846 au cours desquels il composera la plupart des chefs-d'oeuvre de la maturité. Mais tout ceci resterait anecdotique sans le lien extrêmement fort qui s'établit très rapidement entre la sonorité des instruments de Pleyel et la sensibilité du jeu de Chopin.

« Vous donnerez un piano d'Erard à Liszt, à Herz, à Bertini, à Schunke ; mais vous donnerez un piano de Pleyel à Kalkbrenner, à Chopin, à Hiller ; il faut un piano de Pleyel pour chanter une romance de Field, caresser une mazourk de Chopin, soupirer une (sic) nocturne de Kessler ; il faut un piano d'Erard pour le grand concert. Le son brillant de ce facteur porte, non pas plus loin, mais d'une façon plus nette, plus incisive, plus distincte, que le son moelleux de Pleyel, qui s'arrondit et perd un peu de son intensité dans les angles d'une grande salle. » (Article du Pianiste – 10 juillet 1834) (1)

 

Dans sa Critique Musicale, Berlioz parle en 1835 des « excellents pianos unicordes de Pleyel destinés à exécuter dans les boudoirs élégants du grand monde les ravissantes Mazurkas, les Caprices si ingénieux de Chopin, mais qui ne résisteraient pas à l'exécution foudroyante, aux compositions plus orchestrales de M. Liszt. » (2)

Ce que Chopin apprécie dans les pianos de Pleyel, c'est la possibilité de varier la couleur du son à l'infini. Créateur d'un nouvel univers sonore qui annnonce déjà Debussy et Ravel, son écriture pianistique va puiser dans les phénomènes de résonance et de timbres propres aux pianos de Pleyel des années 1840, les moyens nouveaux de reproduire l'image sonore qu'il entend intérieurement. Ses partitions comportent des indications beaucoup plus précises que celles des autres compositeurs de son époque. Que ce soit dans le domaine de la pédale, des dynamiques ou des phrasés, toutes ces annotations destinées aux futurs interprètes ont été élaborées par Chopin à partir des résultats qu'il obtenait lui-même sur les pianos de Pleyel.

De son arrivée à Paris fin 1831 jusqu'à sa mort le 17 octobre 1849, Chopin restera donc fidèle aux pianos de Pleyel, non seulement pour les rares concerts qu'il consentira à donner, mais aussi pour enseigner et surtout pour composer.

 

(1) Texte tiré de l'ouvrage « Chopin, l'enchanteur autoritaire » de Marie-Paule Rambeau (ed. L'Harmattan)

(2) Texte tiré de l'ouvrage « Pleyel 1757 – 1857, la passion d'un siècle » de Jean Jude



14/01/2010
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